
La réponse courte
La procrastination, c'est retarder volontairement une action prévue, en sachant qu'on va y perdre — jamais un oubli, jamais de la paresse.
La définition exacte
Celle des chercheurs, pas celle du sens commun.
Ce qu'elle n'est pas
Ni de la paresse, ni un oubli.
D'où vient le mot
Du latin cras, « demain ».
Le mot latin existe depuis l'Antiquité ; sa définition scientifique, elle, ne date que de 2007. Entre les deux, le sens de la procrastination n'a presque pas changé.
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D'où viennent ces informations ?
Cette page s'appuie sur quatre sources, ouvertes et vérifiées le 12 octobre 2026 : deux entrées de dictionnaire, une page d'étymologie et un article de recherche en psychologie.
- Larousse, « procrastination » — la définition de référence pour le grand public francophone.
- Larousse, « paresse » — pour la distinction avec la procrastination.
- Wiktionnaire — l'étymologie latine du mot.
- Steel (2007) — la définition la plus citée en recherche, issue d'une méta-analyse de 691 corrélations.
Ce qui n'est pas vérifié : aucune des études citées ne porte sur un échantillon francophone.
Les chiffres de prévalence viennent de populations étudiantes nord-américaines, pas d'un relevé propre à la France.
Quelle est la définition exacte de la procrastination ?
Selon Steel (2007), la référence citée par les chercheurs, procrastiner c'est retarder volontairement une action prévue, en sachant qu'on va y perdre.
Cette définition vient d'une méta-analyse portant sur 691 corrélations, publiée en 2007 dans Psychological Bulletin.
Elle retient trois éléments observables :
- un choix, jamais une contrainte extérieure ;
- un report, jamais un refus ;
- une perte attendue, jamais une absence de conséquence.
Sans les trois à la fois, ce n'est pas de la procrastination au sens strict — seulement un retard, un choix, ou un renoncement.
Procrastination, paresse : qu'est-ce qui les distingue vraiment ?
Procrastiner, c'est reporter une tâche précise qu'on avait prévu de faire ; être paresseux, c'est une disposition générale à éviter l'effort, sans tâche prévue.
| Terme | Définition retenue | Ce qui la distingue | Source |
|---|---|---|---|
| Procrastination (langue courante) | Tendance à ajourner, à remettre systématiquement au lendemain | Une répétition, un schéma | Larousse |
| Procrastination (recherche) | Retarder volontairement une action prévue, en sachant qu'on y perdra | Un seul acte suffit, pas besoin de répétition | Steel (2007) |
| Paresse | Comportement qui répugne à l'effort, au travail, à l'activité | Une disposition générale, pas un report ciblé | Larousse |
Données : Larousse, Steel (2007) — relevées le 12 octobre 2026.
Lecture du tableau :
- Le mot courant et le mot scientifique ne pointent pas exactement la même chose. Larousse parle d'un schéma répété ; Steel (2007) définit l'acte, même isolé.
- La paresse n'est pas un synonyme : c'est une disposition, pas un acte. Procrastiner suppose une tâche précise qu'on avait prévu de faire ; la paresse n'a besoin d'aucune tâche prévue.
- Un seul report volontaire et coûteux suffit déjà à la définition scientifique. C'est Larousse, pas la recherche, qui ajoute l'idée de répétition.
D'où vient le mot « procrastination » ?
Le mot vient du latin procrastinatio, formé de pro, « en avant », et de cras, « demain » — ce qui signifie littéralement « remettre à demain », jour après jour.
Le Wiktionnaire retient la même racine : cras, « demain », précédé de pro, « en avant ».
Le mot latin existe depuis l'Antiquité ; son usage courant en français, lui, est beaucoup plus récent.
Un détail qu'on oublie souvent : rien dans l'étymologie ne parle de paresse ou de caractère — seulement de report dans le temps.
Comprendre le mot ne suffit pas à changer l'habitude : Lifemon transforme chaque report évité en progression visible.
Procrastiner une fois suffit‑il pour être « un procrastinateur » ?
Non : Steel (2007) définit l'acte de procrastiner, pas un trait de caractère — un seul report volontaire et coûteux suffit à la définition.
Larousse ajoute une nuance que Steel n'a pas : dans le langage courant, le mot désigne une tendance, donc une répétition.
C'est la différence entre « j'ai procrastiné hier », un acte isolé qui coche déjà la définition de Steel, et « je suis procrastinateur », un schéma, au sens de Larousse.
Une forme isolée et très précise existe aussi, bien étudiée : la revenge bedtime procrastination, qui ne concerne que l'heure du coucher.
Que faire selon ta situation
- ✅ Ça t'est arrivé une fois ou deux récemment, sans schéma → rien à corriger dans l'urgence : un report isolé coche la définition, mais n'est pas un problème en soi.
- ✅ Tu repousses et ça te coûte (stress, retard, résultat en baisse) → c'est la procrastination au sens plein, Larousse et Steel (2007) réunis : commence par la méthode complète pour arrêter de procrastiner, pas par tout changer d'un coup.
- ✅ Tu ne sais pas encore dans quel cas tu es → observe une semaine avant d'agir : le mot ne sert à rien s'il ne décrit pas vraiment ta situation.
- ❌ Tu penses être « juste paresseux », point final → la paresse est une disposition générale, la procrastination vise une tâche précise déjà prévue. Les deux se traitent différemment.
Le mot qui te correspond compte moins que ce qu'il te coûte réellement.
FAQ : les questions qui restent
La procrastination est‑elle un trouble psychologique reconnu ?
Non, la procrastination n'est pas un trouble listé comme tel : Steel (2007) la décrit comme un échec de régulation de soi, pas comme une maladie. Elle reste un comportement étudié, pas un diagnostic.
Tout le monde procrastine-t‑il un peu ?
Oui, à des degrés très différents : plus de 70 % des étudiants universitaires se décrivent comme procrastinateurs, selon Steel (2007).
Aucun chiffre équivalent n'existe pour la population générale.
Remettre à plus tard par manque de temps, est-ce de la procrastination ?
Non : repousser une tâche faute de temps réel n'est pas de la procrastination, qui suppose un choix alors que le temps existait. Steel (2007) exclut justement les délais imposés de l'extérieur.
Le mot que je garderais, si je devais n'en garder qu'un
Je garderais la version de Steel (2007), pas celle du dictionnaire : elle seule explique pourquoi ce n'est pas juste de la paresse.
Le détail qui change tout dans cette définition, c'est « en sachant qu'on va y perdre » : procrastiner, c'est choisir en connaissance de cause, pas ignorer.
Et je garderais une alerte : si repousser ne coûte jamais rien, ce n'est peut-être même pas de la procrastination au sens strict — juste une priorité différente.
Passez à l'action :
- Repense à un report récent : qu'est-ce qu'il t'a vraiment coûté, pas juste gêné.
- Demande-toi si c'était un choix ou une vraie contrainte extérieure — la nuance change tout.
- Si c'est un choix qui te coûte, va lire la méthode complète pour arrêter de procrastiner.
Ressources utiles
- La méthode complète pour arrêter de procrastiner — le cadre général, pour agir une fois la définition posée.
- Revenge bedtime procrastination : pourquoi on repousse l'heure du coucher — une forme précise de procrastination, décortiquée en détail.
- Tous les articles sur la procrastination — causes, tests, applications et livres.


